Moody mon chat ce hĂ©ros đ Â
- Maud Mérouze

- 8 févr. 2025
- 5 min de lecture
DerniĂšre mise Ă jour : 23 mai 2025
Moody mon chat ce hĂ©ros đ

Retour de ballade avec mon chien, les idĂ©es nettoyĂ©es par un bon bain de nature, les Ă©motions et les souvenirs restent et se bousculent. Comment parler de lui, de quelle façon aligner tout ça sans ĂȘtre plan plan, neu neu ou limite gĂąteuse ?
Je m'en fiche finalement. Je n'oblige personne Ă me lire.
J'ai juste besoin de lui rendre un dernier hommage. MĂȘme si ce n'est qu'un chat, c'Ă©tait le mien. Il Ă©tait mon hĂ©ros. Moody. Moody nous a quittĂ©. Il aurait 18 ans en ce dĂ©but fĂ©vrier. Mon grand regret est de n'avoir jamais su le traiter comme un vieillard.
Il vous Ă©coute, il vous cajole, il ronronne, comme un murmure, chuchotement vibrant et timide d'un petit animal chĂ©tif, il se blotti au creux de vos bras. Il se colle sur vos genoux, sa petite tĂȘte qui cherche vos mains pour des caresses H24, dĂ©gageant cette chaleur diffuse rassurante et si rĂ©confortante, comme la mousse mĆlleuse aux racines des arbres, il absorbe toutes vos angoisses. Il vous fait sourire, flairant de loin votre repas, il partage deux trois morceaux de votre burger et repart en catimini. Lâair de rien il se faufile entre vos chevilles et vous emmĂšne vers sa gamelle. Il vous observe. Il vous console. Il sâendort sur votre lit, ou sur le sol, dans un tiroir ou dans votre armoire, sous une enfilade ou sur le capot de l'auto. Miaulant Ă la fenĂȘtre, il rentre trempĂ© comme une soupe, se roule en boule sur votre linge repassĂ©, saute sur votre bureau, pose son arriĂšre train sur votre clavier et colle ses coussinets sur les papiers Ă signer... il prend la fuite parfois 3 jours et 3 nuits, il revient comme si ne rien n'Ă©tait, la tĂȘte dĂ©formĂ©e par quelques abcĂšs sanguinolants. La bagarre. Moody rĂšgne en maĂźtre dans le tierquar, faut pas empiĂ©ter sur ses plates bandes. Difficile de le soigner, ce barbare joue les sauvages. Seule, notre vĂ©tĂ©rinaire, (femme exceptionnelle) rĂ©ussi Ă le canaliser. Moody mon chat ce hĂ©ros
Lâhiver, il dĂ©couvre la neige et les musaraignes quâil attrape une Ă une Ă la sortie du nid, il prend soin de croquer chaque petite tĂȘte avant de nous ramener ses trophĂ©es. Lorsque qu'arrive le printemps, on ne le voit pratiquement plus, si ce n'est que pour nous livrer ses trouvailles, plus rapide, plus rĂ©gulier, plus prĂ©cis qu'une arme de guerre... Butin du jour : un Ă©cureuil Ă©ventrĂ©, une mĂ©sange attrapĂ©e Ă la volĂ©e, puis, encore une offrande pour le dĂźner : un mulot ? non, un campagnol, un bĂ©bĂ© dont il a savoureusement dĂ©guster les pattes et une partie du ventre. Il saute, il court, il trace, il guette, bondit, casse et dĂ©coupe, broie ses proies. Coup de griffe, coup de croc et lâon se retrouve avec des plumes sur la table basse. Puis câest lâĂ©tĂ©. AĂŻe, je crains le pire. Il rentre avec un gros oiseau dans la gueule, pic-et-pĂȘche, rien que ça, celui-ci rĂ©ussi Ă s'Ă©chapper, mais se cogne contre la vitre et c'est un massacre... Il ne laisse aucune chance Ă ce bel oiseau dont il vient de casser une aile, il essaie de se dĂ©battre mais en vain, un coup de croc, son coeur est Ă l'arrĂȘt. Les lĂ©zards ne peuvent plus se dorer au soleil, Moody les capture et les fait sauter entre ses griffes, puis ils les relachent, les regardent et les croque Ă moitiĂ© jusqu' Ă ce ce qu'ils ne bougent plus. Morceau de tĂȘte Ă gauche, bout de queue Ă droite. Quelques boyaux de souris sĂ©chĂ©s oubliĂ©s sur la terrasse... C'est la vie de Moody. Une boucherie en plein air. Quelques rescapĂ©s finiront leur vie le long des plinthes, dans une longue agonie. Aucun rĂ©pit, aucun repos. Chaque jour, chaque matin est un nouveau cadeau. Moody dĂ©pose les corps de souris plus ou moins grosses au pied du lit et miaule jusquâĂ ce que je le fĂ©licite. Câest un guerrier. Câest un tueur. Toujours plus gĂ©nĂ©reux, omniprĂ©sent dans notre foyer. Pendant 17 ans ce chat Ă©tait notre centre. Notre cĆur. Il a vu les croissances, les naissances, il a compris nos deuils et nos chagrins, nos dĂ©parts, nos colĂšres aussi. Il a partagĂ© nos joies. Parfois il nous a boudĂ© pour de trop longues absences. Puis il a pardonnĂ©. Il nous a conquis par sa force, sa puissance et sa sagesse, nous donnant naturellement tout son amour.
AprĂšs 7 ans d'exclusivitĂ©, il a dĂ» partager sa maison avec une petite nouvelle. Toute noire, de gouttiĂšre, comme lui (petite princesse capricieuse). Quand Elle sâest pointĂ©e, pas plus grosse que 6 semaines et ses 300 grammes toute mouillĂ©e, ses micro moustaches, sa fragilitĂ© de nouveau nĂ©e, on a bien cru quâil allait la dĂ©vorer. Mais rien. Juste un bon coup de patte, placĂ© fermement au bon endroit au bon moment et la petite Ă©tait calmĂ©e.
Aucune compétition entre eux puisque celle-ci ne chasse que son ombre, les mouches ou les punaises de bois.
Puis est arrivĂ© un chien (une autre belle histoire). Il a fallu encore partager. Jâai bien senti que Moody ne lĂącherait pas sa premiĂšre place. CâĂ©tait lui le Boss, de toute Ă©vidence, personne dâautre. On l'a rassurĂ© comme on pouvait. Il aurait toujours droit Ă son pot de fjord le dimanche matin sur notre lit. Il aurait toujours la couenne de son jambon prĂ©fĂ©rĂ© Ă la sortie du frigo, le sang frais d'un morceaux de bavette finement dĂ©coupĂ©, et le dĂ©lice exquis dâune carcasse de poulet encore tiĂšde pour lui tout seul.
Ni nous, ni personne ne pouvions aller contre lui. MĂȘme si trop dâoffrandes me faisaient parfois hurler (certaines de ses souris Ă©taient « livrĂ©es » encore chaudes et Ă moitiĂ© vivantes sur mon tapis), je ne pouvais pas lui en vouloir. Il me gĂątait tellement . Un chat est un chasseur. Rien de moins. Son rĂŽle dâaĂźnĂ©, dâancien dans cette fratrie ne faisait aucun doute. Le chien et la petite lui devaient le respect, ils le savaient. Nous aussi. Pas de discussion. Pas de bataille. Juste du respect.
Voilà que les belles années de Moody, redouté par tous les rongeurs et autres volatiles du quartiers, ont pris fin.
Notre vétérinaire (toujours exceptionnelle) nous a permis de lui dire Adieu dignement.
Câest dans le vent et le frĂ©missement des herbes hautes de son jardin dont il connait les moindres reliefs que notre Moodyđ€repose Ă jamais. Juste au dessus de lui Ă prĂ©sent, chantent les mĂ©sanges et les bouvreuils, les Ă©cureuils se font la cour, les lĂ©zards ont rĂ©servĂ© leur place au soleil pour cet Ă©tĂ©.
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